Jean-Claude Atzori est un peintre qui travaille la toile avec des formes primitives colorées mono composantes. Il dessine avec des formes fermées, carrés, rectangles ou cercles, représentant des trajectoires de type attracteur, habitées par d’infinis points fixes.

On retrouve l’obsession du peintre sur la cyclicité de l'existence humaine qui désire figer le présent dans la mémoire du passé et le libérer de l'éventualité de son propre devenir. Il établit donc un flux continu au travers de formes rigides dans sa construction macroscopique, mais en même temps il suggère une fluidité des formes, par transformation géométrique rotationnelle, pour insuffler l’existence temporelle de l’espace. Avec une élégance obéissant à la règle de rasoir d’Ockham.

Le spectateur de l’œuvre de Jean-Claude Atzori est invité à la dégustation olfactive en effleurant avec le regard les formes primitives, en créant une impression obsessionnelle de l’importance du va-et-vient de ces trajectoires fermées tant explorées par le génie créatif de l’artiste.

© Dimitri Toumbas - Galerie Art et Miss - 2020



  

Soleil-Dedans

Soleil dedans - Acrylique sur toile, 24 x 41 cm, 2013-2014

  

La dernière toile de Jean-Claude Atzori, "Soleil dedans", nous invite à porter un regard nouveau sur son parcours artistique. Doivent ici être bannis les qualificatifs utilisés naguère pour évoquer son œuvre. Ni géométrique, ni étude de lumière, ni composition abstraite, ni jeu de couleurs complémentaires ne suffisent à rendre compte de la construction complexe qui s’offre à nous.

Jean-Claude nous libère du grand format dont l’art « contemporain » abuse d’autant plus qu’il néantit tout motif, tout thème, toute représentation. Jean-Claude concentre tout son art dans un 8M (41 x 24 cm) d’une richesse inédite. Selon l’angle de vue, sa toile joue sur la 2D et la 3D, s’autorisant même un fugitif trompe l’œil ! La perspective qui s’ouvre vers le centre est rapidement jugulée par les courbes entrelacées qui nous ramènent au premier plan, d’autant plus efficacement que le rouge croissant qui relie les deux pans est d’un rouge vif contrastant avec les pastels des rectangles.

La tentation de la dissociation gauche/droite, premier/deuxième plan est immédiatement mise en échec par la multiplicité des anneaux. Leur nombre et leur variété évitent l’effet de dispersion autant que l’apparence de charnière articulée entre deux plans autonomes. Au contraire, cela concourt à assurer l’unité de cette riche complexité. La contemplation prolongée de l’œuvre n’épuise pas ses ressources, elle se prolonge indéfiniment, faisant défiler les points, les plans, les droites et les courbes pour mieux se retrouver dans l’évidente harmonie de l’ensemble.

Jean-Claude nous offre ici de la peinture « pure », sans mélange… De la peinture qui détache des apparences et de la doxa. Il serait tentant d’interpréter la symbolique de ces cercles, de ces anneaux, de ces yeux, de ces mondes, de cette cosmographie… Ce ne serait qu’y projeter les fantômes de la tribu. En elle-même, cette œuvre est d’une richesse plastique inépuisable qui n’appelle aucune exégèse.

© Yvon Birster - Galerie La Rotonde, Paris - 2014


Une éclatante discrétion

 

Les compositions de J.-C. Atzori captivent le regard par leur intensité colorée, leur équilibre interne, leur apparente neutralité. Elles fonctionnent comme un piège dont on ne découvre les entrelacs qu’après en avoir subi le charme, l’attrait. Leur séduction paraît ne reposer sur rien d’engageant, d’émotif, d’agressif. Elles sont le silence d’où s’élève un léger murmure, à peine perceptible.

En premier s’affirme un sens des couleurs absolument sûr. Elles sont franches, éclatantes et reliées par une mystérieuse complexité qui mêle habilement leur netteté autonome, bien circonscrite, avec leur solidarité harmonieuse.

 
Clairement délimitée par des courbes, des angles, des droites, chaque surface est inséparable de l’ensemble. Quelquefois la ligne suggère le plan, quelquefois elle crée de la profondeur. D’une toile à l’autre se révèle cette valse-hésitation entre la 3D et le simple plan, comme si le relief donné n’était qu’un reniement, une faiblesse… Faut-il assumer le plan dans toute sa rigueur avec ce qu’il comporte d’immanence, de fermeture ? Faut-il ouvrir la toile à la profondeur qui n’est qu’une
invitation à l’indiscrétion, au dévoilement, à l’exhibition ? Ici se joue l’un des enjeux du travail de J.-C. Atzori : sa pudeur, sa réserve. À ce qui semble s’affirmer avec éclat, répondent ces harmonies, ces équilibres qui refusent de livrer leurs secrets.

Le défi devient celui-ci : communiquer une sensibilité raffinée sans la détruire par des effets outranciers. Rester dans le demi-silence, traduire des vibrations, créer des formes avec un art de la retenue, de la mesure, où le rêve n’est pas derrière la réalité mais dans la perception consciente.

C’est un des choix majeurs que je reconnais chez Jean-Claude Atzori et qui m’enchante.

© Yvon Birster - Galerie La Rotonde, Paris - 2011


  

Dans les pas de Robert Delaunay, Franck Stella et Fernand Léger, les œuvres de Jean-Claude Atzori imposent une réflexion sur la rigueur des lignes, des couleurs et des formes. La géométrie leur apporte une ossature, un squelette, sur lequel Atzori fixe son imagination. L'image est fixe, mais l'imagination est libre de courir sur la toile comme des acteurs qui s'organisent pour monter un spectacle. La sérialité des motifs suggère un environnement musical.

© Susan Adda - Commissaire - 2008